Histoire de la Semba

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Semba (masemba au pluriel) est un genre musical10 traditionnel et aussi une danse angolaise qui est devenu populaire dans les années 50. C’est le produit d’une évolution influencé par différents groupes ethnolinguistiques d’Angola11 ainsi que plusieurs différents rythmes africains. Dans le contexte de la danse, le mot Semba signifie « le corps de l’homme qui entre en contact avec le corps de la femme au niveau du nombril ».

 

Dans l’une des langues nationales angolaises appelés Kimbundu12, Semba peut également avoir le sens de « Umbigada ». Umbigada décrit également un mouvement de danse lorsque le contact entre les deux corps est provoqué par l’homme qui tout d’un coup saisi la femme au niveau des hanches et l’amène vers son nombril. Le mouvement de Umbigada est exactement ce qui se fait encore aujourd’hui dans la danse traditionnelle d’Angola appelée Rebita ainsi que dans d’autres danses africaines.


10– La musique traditionnelle peut être considérée comme ayant des liens avec le passé lointain, transmis oralement d’une génération à l’autre, dans le cadre des coutumes populaires. Cela a eu une forte influence sur la musique populaire qui a grandi autour de la ville de Luanda. Le mot « folklore » est souvent utilisé pour définir cela. Le mot est anglais d’origine (1846), le résultat de rejoindre les mots « folk » (peuple) et « lore » (science). Folk-lore : la science d’un peuple, la science des traditions, des arts populaires du pays. Par extension (1877), folklore: traditions; Chansons; légendes populaires nationales et locales.

Au fil du temps, le folklore a pris un sens nouveau, celui que nous trouvons dans les «bons» dictionnaires: «aspect pittoresque mais sans importance, ou sans signification profonde» et l’expression familière: «c’est du folklore, ce n’est pas important». Ce fut le dernier sens du mot qui a été saisit en Afrique. Ainsi, on peut en déduire que le mot «folklores» a été utilisé pour décrire certaines formes d’art qui pour les Européens, étaient associés généralement à une catégorie des gens ordinaires, par opposition à la «haute classe».

 

11– Le plus grand groupe ethnolinguistique d’Angola a des profils culturels distincts ainsi que différentes allégeances politiques. Les plus nombreux sont les Ovimbundu, qui sot situées dans les zones centrales et méridionale et parle Umbundu. Le Mbundu sont concentrés dans la capitale, Luanda, le centre et le Nord et parlent Kimbundu. Les Bakongo parlent des variantes de la langue Kikongo et vivent également dans le Nord, s’étendant sur les frontières avec le Congo et la République du Congo. D’autres groupes importants sont les Lundu, les Chokwe, et le peuple Nganguela, dont les colonies sont à l’est. Une petite mais importante minorité de métisses (portugais – Africains) vivent dans des plus grandes villes, en particulier Luanda. Voir http://www.angolaembassy.hu/index.php?lang=en

Avant 1975, l’Angola avait une des plus grandes minorités blanches en Afrique, dont beaucoup avaient jamais vu le Portugal, mais la plupart étaient laissées comme une menace contre l’indépendance. Voir http://www.angola.org/index.php?page=culture

 

12– Mbundu du nord, ou Kimbundu, l’une des deux langues bantus appelées Mbundu (voir Umbundu) est l’une des langues Bantus les plus parlées en Angola, concentrée dans le nord-ouest du pays, notamment dans la province de Luanda, la province de Bengo, la province de Malanje et Cuanza Norte province. Elle est parlée par le Ambundu (Ambundu est la forme courte pour Akwa Mbundu et « Akwa » signifie « de », ou de fçon plus originale « originaire de » et « appartenance à ». Dans la langue Kimbundu le préfixe « Akwa » est raccourcie en simplement A, de sorte qu’au lieu de dire « Akwa Mbndu », on dira plutôt « Ambundu » ; de même, le terme « Akwa Ngola » devient Angola ; « Ngola » était le titre pour les rois dans le royaume angolais du Nord dans le passé, avant l’invasion portugaise. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/North_Mbundu_language

 

La Semba, originaire d’Angola est le prédécesseur d’une variété de styles musicale, dont trois des plus célèbres sont la Samba (du Brésil)13, la Kizomba et le Kuduro.

 

Au cours du XVIIe siècle, la culture musicale a été exporté de l’Angola au moyen des mouvements esclavagistes à la fois vers l’Amérique du Nord et du Sud. Les voyages en mer du XVIIe siècle ont mis en place un échange entre les peuples de la péninsule ibérique et les Amérindiens, qui a donné lieu à nouvelles rhythm14. Les musiciens angolais avaient une volonté commune de vivre et de s’exprimer. Ils ont été exposés et ont absorbé différents styles aussi bien d’influences étrangères que de styles provenant de rythmes angolais qui ont par la suite été exporté par les esclaves avant de revenir plus tard dans une version modifiée, influençant ainsi les chanteurs angolais encore à la recherche de leur identé15.

 

Les origines culturelles de l’Angola sont liées aux traditions du peuple bantou et de l’ancien Royaume du Kongo. Par conséquent, la musique Semba a été beaucoup influencée par leur tradition. En outre, les rythmes Kazukuta et Kabetule ont fortement influencé la Semba musicalement parlant. Nous pouvons même dire que la Semba descend du rythme Kazukuta.

Il est important de comprendre les paroles de la musique Semba. Elles traitent des histoires de la vie quotidienne, des faits courants et des événements sociaux. Souvent, le message des musiques Semba concerne également l’indépendance de l’Angola. C’était particulièrement pertinent au cours de la guerre angolaise de 1961 à 1975. Les paroles de Semba contenaient souvent des messages de liberté pour ouvrir les yeux du peuple. Traditionnellement, les chansons de Semba sont chantées en Kimbundu, mais aussi dans d’autres langues nationales telles que Umbundo et Kikongo. À part dans la Kizomba, le portugais (la langue) n’est pas utilisé dans les productions musicales traditionnelles de Semba. Cependant, certains jeunes chanteurs angolais ont commencé à utiliser le portugais dans les chansons de Semba modernes.

Barceló de Carvalho, chanteur Angolais, connu sous le nom de Bonga16, est l’un des artistes angolais les plus en vogue ayant popularisé la musique Semba internationalement. Le groupe Ngola Ritmos a aussi contribué énormément à la diffusion de musique Semba. Ce groupe a grandement contribué à maintenir l’identité et la culture angolaise. Comme autres icônes : Liceu Vieira Dias, Domingos Van-Dúnem, Mário da Silva Araújo, Manuel dos Passos et Nino Ndongo.

Nous pensons que la musique traditionnelle comme la Semba continuera à faire partie de l’histoire de l’Angola car elle contient des informations sur le passé du pays. La musique est peut-être le plus pur de tous les arts qui permet de transmettre des émotions plus fortes et plus pures.


13– Antonio de Assis Junior (1877-1960) «a été le premier président de la Ligue nationale africaine en 1930». Il a publié un merveilleux dictionnaire Kimbundu-portugais, qui contenait aussi des proverbes. Voto Neves « était connu pour être le trésorier du conseil municipal Luanda. » Il jouait de la guitare et chantait des chansons portugaises et africaines. Il pouvait lire la musique et même enseigné. Il a développé ses propres opinions sur le sujet « il expliquait la similitude, au moins dans la douce mélodie, entre la musique brésilienne et angolaise, en disant que la musique de Baia elle-même avait des racines africaines ». « Liceu » (1919-1994) a défendu la même théorie quelque des années plus tard.

 

14– La réunion au Brésil entre le peuple portugais, les noirs et une partie de la culture amérindienne avec le rythme angolais, Semba, a conduit à la samba, un mot controversé. Semba et Masemba sont une seule et même chose. Semba est juste le singulier. Le préfixe « Ma » dans Masemba, indique le pluriel. Samba est directement lié à masemba et semba. La Samba n’est pas ce que les Brésiliens pensent, un morceau de folklore auquel ils attribué ce nom. Samba est l’infinitif du kuzamba (verbe prier). Il était naturel, comme je l’ai déjà dit que, contrairement à ce que Camara Cascudo prétend, dans les grandes plantations isolées avec le maître caché dans sa grande maison avec sa famille, dans la nuit, à l’extérieur dans la cour, les esclaves doivent se rassembler et demander à Dieu de les ramener dans leur patrie. Donc, ils ont utilisé le terme Semba qu’ils ont confondus avec Samba, pour prier et supplier Dieu, sous la forme de danse ethnique et de la musique, comme il était courant chez tous les peuples primitifs. Les propriétaires de plantations pensaient qu’il s’agissait d’une sorte d’activité sociale et non religieux. C’est ainsi qu’un acte religieux est venu à être associé à une fête. Voir http://www.angolaembassy.hu/index.php?p=dance

 

15– Les exemples incluent le Tango, la Samba, le Blues et le jazz … On parlait de Tango en Argentine depuis 1864. En Bantu, ce mot s’écrit « Tangu », qui, en Kimbundu signifie « branche ». Il vient du rythme milonga, mais il n’y a pas de documents pour prouver si oui ou non il y avait un rythme en Angola avec ce nom. Quand on entend le rythme de milonga en Argentine, nous reconnaissons un lien avec Kaduke / Semba en Angola. Milonga est le pluriel de Mulonga, qui Cordeiro da Matta définit comme : crime ; mystère ; infraction ; ressentiment. Assis junior lui attribue plutôt la signification d’argumentations ; problèmes ; querelles ; désaccords.

 

16– En 1972 en Hollande, pendant que Bonga lançait son premier album intitulé Angola 72, un mandat d’arrêt était emis en Angola contre lui à cause de la charge anti colonialiste et politique de son album. Durant cette période il a adopté le surnom africain Bonga Kwenda qui signifie « celui qui est en avance et en constant mouvement ».

Au commencement17, la Semba portait les noms de « dança de roda » (danse en cercle), lundu18, batucada19, varina et plusieurs autres noms surtout lorsque nous parlons de Semba de Carnaval (danse individuelle).

 

Initialement, la Semba était une danse individuelle dans lequel l’homme dansait devant une femme. L’homme mettait ensuite sa main sur les hanches de la femme et la ramenait vers lui de telle sorte à provoquer un choc (Semba) avec un mouvement brusque.

 

En outre, les pas de Kabetule, Kazukuta et Bungula étaient utilisés dans la danse Semba. Aujourd’hui, la Semba a évolué vers une danse de couple avec de grands pas sur un rythme rapide. Les pas peuvent être très acrobatiques. En semba l’improvisation occupe une grande place et les mouvements sont semblables aux pas de Milonga20.

 

À Luanda, capitale de l’Angola, de nombreuses compétitions de Semba sont organisées afin de continuer à promouvoir la culture et de donner la possibilité aux jeunes de profiter de grands moments. Des après-midis appelées « Tarde de Semba » sont fréquemment organisées dans le « Centro Cultural e Recreativos » tels que : Gajajeira, Kilamba, Kubita, Agustinho Neto, Mãe Preta, kamada, Cha de Caxinde et autres, offrant des démonstrations de Semba, concours, beaucoup de social dancing et de musique live.

REVELATION DE QUELQUES SECRETS AU SUJET DE LA SEMBA

 

Voici de la Semba (style Carnaval, avec des éléments de musique et de danse de carnaval), la façon « Bruxo et Bruxa » utilisé en danse dans les années 80. « Bruxo et Bruxa » étaient deux hommes qui dansaient ensemble. « L’élément de carnaval » est en fait le motif rythmique de « Kazukuta ». Lorsque vous supprimez les éléments de carnaval vous obtenez simplement de la Semba (social).

 

De nos jours en Angola, la Semba est rarement dansée avec des éléments de Carnaval parce que la musique actuelle de Semba a peu de motif rythmique style Kazukata.


17– La Semba, populairement connu comme la Varina, originaire des anciennes familles établies à la côte (île de Luanda, Samba, grandes et petites, Cacuaco, Mussulo, Barra do Kwanza …), depuis un siècle lié à vivre avec la mer, ou avec des groupes culturels de la même origine, mais qui se sont installés dans Muceque, et qui sont culturellement liés aux traditions des gens de la mer. Voir MACEDO, J. Carnaval da Victoria 1985. Entre a tradiçao e a modernidade, p.37.

 

18– Le Lundu est une danse et une musique ayant ses origines dans le peuple africain bantu. La danse s’est etandue dans différentes régions de l’Afrique centrale, en Angola et au Cap-Vert. Elle est devenue plus important après qu’il a été exportée au Brésil par les esclaves angolais au cours du 18ème siècle. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Lundu_(dance)

 

19– Une réunion de personnes de race noirs se réunissant pour chanter et danser. Ils faisaient un cercle et dansaient dans cette formation.

 

20– Il existe des similitudes entre la Semba et le Milonga (également avec le Tango), étant donné que les esclaves angolais ont été amenés en Amérique du Sud emportant avec eux la culture angolaise ainsi que les danses de ce pays.

Kizombalove Academy

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(José N’dongala Kizombalove Methodology teachers course – KIZOMBA TEACHERS COURSE, p. 17-21)